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Ils avaient créé la surprise il
y a bientôt deux ans avec un premier album
haut en couleurs et très surprenant. Aujourd’hui
les Dresden Dolls sont de retour et, nous ne ferons
pas durer le suspense, le résultat est
largement à la hauteur de nos attentes.
On aurait pu craindre que le seul intérêt
du duo fût justement cet effet de surprise,
mais avec ‘Yes, Virginia’, leur talent
n’est cette fois-ci plus à prouver.
Si le premier opus éponyme du groupe explorait
les contrées du cabaret des années
30 à la sauce punk, le nouvel album pourrait
presque paraître ‘pop’ en comparaison.
Plus enjoué, un ton – faussement
– plus joyeux se dégage, et justement
plus ‘Cabaret’ que ‘Punk’
(‘My Alcoholic Friends’, ‘Mandy
Goes To Med School’) pour la musique, mais
pas pour l’attitude. Une ambiance trompeuse,
car les sujets abordés par Amanda Palmer,
et la plupart des paroles oscillent entre sujets
relativement ‘trash’ et sexe (‘My
Alcoholic Friends’, ‘Sex Changes’,
‘First Orgasm’…). Le genre de
disque au sujet duquel on ne se demande pas pourquoi
la mention ‘Parental Advisory’ se
retrouve sur la pochette.
La virtuosité des deux membres (Amanda
au piano / chant, Brian à la batterie)
est impressionnante, et leur complémentarité,
pour ne pas dire leur complicité, a gagné
en maturité et atteint des sommets. ‘Sex
Changes’ ouvre avec beaucoup de panache
l’album et reflète parfaitement la
maîtrise vers laquelle le groupe a évolué,
notamment dans l’utilisation des contretemps
à tout va. Amanda semble presque s’en
amuser, avec beaucoup de confiance, consciente
de l’originalité et de la force de
son personnage, et Brian tape toujours aussi fort,
mais surtout aussi bien, sur ses fûts. Un
jeu de batterie vraiment bien pensé, qui
donne à cette musique pourtant presque
totalement acoustique une véritable puissance
Rock (‘Modern Moonlight’, ‘Necessary
Evil’).
Pour le reste, aux nombreux titres vraiment directs
viendront s’ajouter plusieurs accalmies
(‘Delilah’, ‘First Orgasm’,
puis ‘Sing’, le premier single sur
lequel se termine l’écoute) à
l’instar de ‘Truce’ sur le premier
album. Si l’ensemble peut paraître
un peu moins risqué, un peu moins ‘fou’
que l'impeccable premier opus du duo, on ne peut
cependant que s’incliner devant tant d’inspiration,
de virtuosité et, tout simplement, d’efficacité.
La horde des fans ‘style Gothique’
des Dresden Dolls – déjà nombreuse
– risque fort de s’étendre
encore beaucoup grâce à ce qui représente
bien plus qu’une simple confirmation pour
le groupe : une consécration. Superbe.
Titres conseillés : Sex Changes, Modern
Moonlight, My Alcoholic Friends, Dirty Business,
Necessary Evil, Mandy Goes To Med School, Sing.
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