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La belle étiquette collée sur le
cellophane du nouvel album d’Okkervil River
en magasin n’y va pas de main morte : «
Le nouvel album du groupe culte texan».
L’ironie dans cette phrase c’est que
ce statut 'culte' n’est acquis qu’auprès
d’une base solide de fans dévoués,
loin des projecteurs. Leur passage en France il
y a deux s’était d’ailleurs
fait au Batofar à Paris, pas vraiment un
stade en somme…
Malgré cette soudaine ‘révélation’
programmée pour un plus large public, le
groupe n’avait pas attendu aujourd’hui
pour montrer combien il était talentueux
dans le domaine du Folk-Rock aussi poignant qu’entraînant.
‘Black
Sheep Boy’ était un chef d’œuvre
du genre, fruit de l’imagination débordante
de Will Sheff et Jonathan Meiburg, deux noms qui
ne sont pas non plus étrangers aux fans
de Shearwater.
Quel que soit leur projet il semble qu’ils
soient capables de transformer tout ce qu’ils
touchent en or. Si l’avant dernier opus
du groupe conservait encore une patte volontairement
sombre et en marge des chemins balisés,
‘The Stage Names’ est probablement
le grand disque qui va effectivement révéler
Okkervil River auprès d’un large
public.
Le début de cet album est tout simplement
étourdissant. En l’espace de trois
titres fédérateurs, les texans font
preuve d’une incroyable efficacité.
Face aux perles mélodiques que sont ‘Our
Life Is Not A Movie Or Maybe’, ‘Unless
It’s Kicks’ et ‘A Hand To Take
Hold Of The Scene’ toute résistance
est inutile. Voilà donc comment un groupe
vraiment indépendant réinvente le
concept de pop song parfaite, sans jamais trahir
sa personnalité, son style. Tous les ingrédients
qui ont fait la renommée d’Okkervil
River sont bien là : une atmosphère
Folk agrémentée de nombreuses mélodies
aux cuivres (sur ‘Unless It Kicks’
notamment) et au piano (‘A Girl In Port’
qui n’est pas sans rappeler ‘Song
of Our So-Called Friend’ sur l’album
précédent). Le tout est porté
par la voix toujours aussi habitée de Will
Sheff, cependant plus enjoué qu’à
l’accoutumée, le groupe se permet
en outre de reprendre la mélodie de ‘Sloop
John B.’ des Beach Boys sur l’excellent
final de ‘John Allyn Smith Sails’.
‘The Stage Names’ est un disque plus
condensé et moins mélancolique que
son tout aussi indispensable prédécesseur,
ce qui le rend certainement plus accessible. Un
album à aborder comme un carnet de route,
puisqu’il puise son inspiration dans les
tournées du groupe. Comme le laissent entendre
la plupart des titres les thèmes abordés
sont directement tiré du quotidien de Will
Sheff et du temps qu’il a passé sur
la route, lors d’une tournée en solo
dans l’Est des Etats-Unis en 2005.
Une œuvre de toute beauté, forte,
essentielle, pleine de lyrisme et d’une
rare efficacité, qui pourrait effectivement
octroyer à Okkervil River ce statut de
‘groupe culte’ qui serait loin d’être
usurpé…
Titres conseillés: Our Life Is Not A Movie
Or Maybe, Unless It’s Kicks, A Hand To Take
Hold Of The Scene, You Can't Hold The Hand Of
A Rock And Roll Man, John Allyn Smith Sails
Pour plus d’infos :
Lire
la chronique de 'Black Sheep Boy'
http://www.okkervilriver.com
http://www.myspace.com/okkervilriver
http://www.jagjaguwar.com
http://www.differ-ant.fr |